Au moment d’écrire votre autobiographie, le choix du plan est un sujet épineux. Comment organiser vos souvenirs ? Quelle structure choisir pour créer un récit de vie organisé, agréable à lire, qui plaira aux lecteurs ? Que vous soyez face à la page blanche, prêt à vous lancer dans l’écriture, ou que vous ayez déjà posé sur le papier des fragments de votre vie, vous allez devoir choisir le plan qui résonne le mieux avec votre expérience personnelle. En gardant en tête un élément déterminant : votre lecteur cible. Dans cet article, nous allons voir les trois options qui s’offrent à vous : le plan chronologique, le plan thématique et le plan émotionnel.

Comprendre son public cible pour bien écrire son autobiographie

Quand on se lance dans l’écriture d’un récit de vie, c’est rarement pour le garder dans un placard. Que votre livre soit lu par vos proches ou mis en vente sur internet, vous devez connaître vos lecteurs. Qui sont-ils ? À qui souhaitez-vous vous adresser ?

À qui écrivez-vous ?

Identifier vos destinataires est important : vous allez adapter le ton, le style et les éléments de votre biographie à votre lectorat. S’il s’agit uniquement de membres de votre famille, vous privilégierez une narration intimiste, basée sur des souvenirs communs, des portraits, des anecdotes. En revanche, si vos mémoires s’adressent à des lecteurs passionnés d’histoire, vous veillerez à focaliser votre récit sur les événements publics et politiques.

Comment adapter son plan au public visé ?

Nous détaillerons dans la suite de cet article les trois plans possibles : chronologique, thématique ou émotionnel. Le choix s’appuiera sur vos préférences personnelles, mais aussi sur le lectorat visé. Ainsi, pour une biographie familiale, l’approche chronologique est préférable. Elle permet de retracer les faits année après année, en mettant en lumière les moments forts du passé de la famille. Pour un livre destiné à un public plus large, un plan thématique peut s’avérer plus pertinent, avec des chapitres centrés sur des aspects universels de la vie : éducation, vie professionnelle, relations amoureuses, parentalité, engagement social…

Passons en revue les diverses possibilités, avec leurs avantages et leurs limites.

écrire son autobiographie : une personne qui tape sur une machine à écrire

Trois plans possibles pour écrire son autobiographie

Quand des personnes me contactent pour des conseils en écriture, le choix du plan revient souvent. Comment structurer ses souvenirs ? Il n’existe pas une réponse unique à cette question. Voici les trois principaux types de plan possibles. C’est à vous de choisir l’approche qui convient le mieux à votre histoire et, vous l’avez compris, à votre lectorat cible.

1. Le plan chronologique

Il consiste, comme son nom l’indique, à suivre le fil du temps. Vous allez raconter votre vie en commençant par vos origines, vos ascendants, vos parents, votre naissance. Puis en suivant un ordre linéaire.

Exemple de plan chronologique pour écrire son autobiographie

Voici une trame très simple que vous pouvez utiliser :

  • Famille, naissance et premières années
  • Enfance, école, frères et sœurs
  • Adolescence, choix d’orientation, études, apprentissages de jeunesse
  • Vie adulte (personnelle, conjugale, parentale, professionnelle et sociale)
  • Retraite et âge mûr

Chacun de ces cinq pôles peut faire l’objet d’un ou plusieurs chapitres, dont la longueur variera selon vos souvenirs et l’envie de développer certains aspects de votre parcours. Enfin, vous pouvez ajouter un chapitre conclusif dans lequel vous ferez le point sur les expériences vécues : quelles leçons en gardez-vous ? Quels messages aimeriez-vous transmettre ?

Avantages et limites du plan chronologique

Le principal avantage du plan chronologique réside dans la facilité de rédaction. La structure est claire, linéaire. Vous pouvez vous appuyer sur une ligne de vie, tracée sur une feuille, sur laquelle vous indiquez tous les événements à évoquer, année après année.

Pour rendre votre récit captivant, assurez-vous de maintenir un rythme en insérant des anecdotes, des dialogues, des éléments de suspense, des indications émotionnelles, des détails faisant appel aux sens du lecteur (musiques, bruits, odeurs, couleurs…). Vous pouvez également jouer sur la chronologie en intégrant parfois un retour en arrière (flashback) ou une projection dans le futur (prolepse).

En effet, le principal risque d’une structure chronologique est de rendre le récit prévisible. Si vous racontez votre vie de manière linéaire, en posant les événements les uns après les autres, votre texte deviendra vite ennuyeux pour votre lecteur. Veillez à varier la narration !

À lire aussi : Pourquoi devriez-vous écrire votre histoire ?

2. Le plan thématique

Vous pouvez construire votre autobiographie en dédiant chaque chapitre à un sujet spécifique : c’est le plan thématique. Ce type de structure sera parfaite si vous écrivez un témoignage.

Exemple de plan thématique pour écrire un témoignage

Grand voyageur, vous avez décidé de raconter vos périples dans différentes régions du monde. Vous avez pensé raconter votre vie de façon linéaire, mais vous avez fait plusieurs séjours au Vietnam : à dix-huit, trente et quarante-six ans. Un plan chronologique ne vous permettrait pas de grouper dans un même chapitre les rencontres et découvertes que vous avez faites dans ce pays, cher à votre cœur.

Vous optez donc pour un plan thématique, basé sur les pays visités :

  • L’Europe de l’Est : partir sur le pouce ou les joies de l’auto-stop
  • Du Maroc à l’Égypte : mon épopée africaine
  • Carnet de voyages au Vietnam : de Hanoï à Hô Chi Minh-Ville
  • La nature canadienne : un road trip mémorable
Le plan thématique est une option intéressante pour les récits de voyages.

Bénéfices et inconvénients du plan thématique

Choisir un plan thématique présente l’immense avantage de laisser libre cours à votre créativité. Une phase d’introspection préalable vous permet de définir les grands sujets que vous souhaitez aborder en groupant des moments-clés de votre vie. De nombreuses entrées sont possibles, selon l’approche générale de votre ouvrage.

Ainsi, pour une biographie familiale, chaque narrateur peut intervenir dans un chapitre dédié. Cette approche est particulièrement indiquée en cas d’hommage à un proche décédé : à la manière des évangiles, le biographe peut collecter les souvenirs de chacun. Chaque partie du livre portera un titre explicite (Charlie vu par son frère Arthur, L’oncle Charles raconté par sa nièce Alice, etc.).

D’autres entrées originales sont possibles : structurer votre récit autour des villes où vous avez habité, dédié chaque chapitre à une personne que vous avez fréquentées, mettre en lumière des défis que vous avez surmontés, voire créer un abécédaire de votre vie. Quel mot allez-vous choisir pour chacune des lettres de l’alphabet ?

Le corolaire de cette liberté, c’est la complexité. En rendant l’écriture plus libre, le plan thématique la complique. Votre travail de rédaction sera plus ardu, plus délicat et devra être soigneusement préparé, au risque de vous perdre dans les détails ou de rédiger un livre partant dans tous les sens. De plus, l’ordre chronologique des évènements peut devenir difficile à identifier pour vos lecteurs, puisque le fil du récit ne suit pas la ligne du temps.

Cas particulier : la biographie de couple

La biographie de couple constitue un mélange entre plan chronologique et plan thématique. En effet, la présence de deux narrateurs peut amener à mêler les deux approches. Ainsi, le livre peut être construit sous la forme d’une alternance de chapitres contés par l’un et l’autre, qui suit cependant une logique temporelle linéaire.

Exemple de début de plan pour une autobiographie de couple :

  • La vie de Fred avant la rencontre
  • Sam et le célibat
  • La rencontre vue par Fred
  • Le jour où la vie de Sam a basculé
  • Ensemble ou pas ? Les hésitations de Fred
  • Quand Sam décide de s’engager dans une relation durable
  • Les premières années vue par Fred
  • Sam raconte leur mariage, etc.

Chacun rédige les chapitres le concernant. Bien entendu, si le couple fait appel à un écrivain biographe professionnel, les entretiens peuvent se dérouler en commun. Dans ce cas, le plan sera choisi sera souvent une structure chronologique.

3. Le plan émotionnel

Dérivé du plan thématique, le plan émotionnel est une troisième solution, moins courante. Il s’agit de concentrer le récit sur les sentiments et expériences de l’auteur, afin de créer une connexion profonde avec le lecteur. Les phrases décrivent des moments forts, en s’appuyant sur des détails sensoriels et émotionnels. L’écrivain se livre, comme dans un journal intime, en partageant ses réflexions et ses sentiments.

Chaque épisode est construit pour susciter des émotions fondamentales : joie, tristesse, dégoût, peur, colère et surprise. Plutôt que de décrire simplement les événements, l’auteur détaille ce qu’il a ressenti, dans son corps et dans son âme, au moments-clés de son histoire. Il peut utiliser les flashbacks pour lier les souvenirs entre eux, créant ainsi une continuité émotionnelle. Certains thèmes reviennent tout au long de l’autobiographie. Ce type de plan convient aux livres axés sur le développement personnel, pour évoquer les défis surmontés et les moments de croissance après un traumatisme.

écrire son autobiographie : femme rédigeant ses mémoires dans un carnet
Choisir un plan adapté à votre projet vous aidera à avancer dans l’écriture de vos mémoires.

Quelques conseils avant de vous lancer

À la lecture de cet article, vous savez maintenant quel plan il est possible d’employer pour écrire son autobiographie. Terminons par quelques conseils :

  • Chaque chapitre doit avoir sa propre progression, comme s’il s’agissait d’un roman.
  • Donnez leur place aux détails pour enrichir votre histoire.
  • Racontez des anecdotes, des scènes de vie, comme si vous assistiez à un film au cinéma.
  • Ajoutez des dialogues, même si ce ne sont que deux ou trois phrases. Intercalés dans le récit, ils donnent du rythme et rendent les personnages plus vivants.
  • Si votre récit comporte de nombreux éléments documentaires, pour présenter notamment des événements historiques, il peut être pertinent de placer des indications dans des encadrés, pour les dissocier de votre propre histoire et rendre visible vos recherches.

Après l’écriture, une relecture minutieuse du manuscrit sera nécessaire pour traquer les incohérences ou les longueurs. Vous pouvez faire appel à un bêta-lecteur qui vous donnera un avis éclairé sur votre travail. Ensuite, vous réécrirez peut-être certains passages. Enfin, vous finaliserez votre manuscrit en procédant aux corrections orthotypographiques. N’hésitez pas à solliciter les services d’un relecteur-correcteur professionnel, surtout si votre livre est destiné à être vendu.

Lisez notre article pour comprendre l’autoédition en quatre grandes questions.

En bref

Pour écrire son autobiographie et bien la structurer, la solution la plus simple consiste à suivre un plan chronologique : vous racontez votre vie dans l’ordre, en suivant la ligne du temps. Cependant, pour des raisons personnelles, vous pouvez opter pour une approche thématique, plus créative et peut-être plus adaptée à votre projet. Enfin, le plan émotionnel représente la dernière option, plus rare mais plus complexe, basé sur l’introspection et la connexion avec le lecteur. Quelle que soit l’approche que vous choisirez, n’hésitez pas à vous lancer dans l’écriture. Inutile d’attendre d’être à la retraite pour écrire son récit de vie ! Ce formidable projet peut être impulsé à tout âge, dès que vous en ressentez l’envie ou le besoin.

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Natacha

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