Qui ne souhaite pas écrire son autobiographie ? Imaginez… Vous devenez le héros d’un livre unique, qui raconte votre histoire personnelle depuis votre naissance. Et ce livre, vous en êtes l’auteur ou l’autrice.
Je voulais réaliser ce rêve. Alors, en mars 2025, je me suis lancé un défi : écrire mon autobiographie en 300 jours. J’allais rédiger un livre sur ma vie en m’appuyant sur un trésor personnel, mon journal intime.
Nous sommes en janvier 2026. Les 300 jours sont écoulés. Il est temps de faire le bilan de cette expérience d’écriture biographique : ai-je réussi à relever le challenge ? Mon livre sera-t-il imprimé avant mon prochain anniversaire, comme je le souhaitais ?
Je vous dévoile dans cet article comment s’est déroulé ce défi et les leçons que j’en ai retenues.
Vous allez voir que (presque) rien ne s’est passé comme je l’avais espéré…
Pourquoi j’ai décidé d’écrire mon autobiographie ?
Écrire pour ne pas oublier
Au début de l’année 2025, j’ai eu 50 ans. Ce fut un cap assez difficile à passer, je dois le reconnaître. Mes parents vieillissaient et j’étais devenue aidante familiale : je les accompagnais aux rendez-vous médicaux, je gérais pour eux les démarches administratives et nous venions de mettre en place un service d’aide à domicile. Toutes ces étapes m’ont fait prendre conscience que la vie passe vite. De plus, mon père avait perdu une partie de ses facultés cognitives suite à un AVC, alors je me suis dit : « Que se passerait-il si ma mémoire était perdue ? Qui pourrait me raconter mon histoire si j’oubliais mes souvenirs ? »
Transmettre son histoire
Écrivaine biographe, je suis bien placée pour savoir qu’une autobiographie est le plus beau des cadeaux que l’on peut faire à ses proches. Je terminais alors le livre de deux de mes clients et j’avoue avoir ressenti une pointe d’envie en feuilletant leurs récits de vie. Que reste-t-il de vous une fois que vous êtes parti, si vous n’avez pas pris le temps de poser votre histoire par écrit ?
Se lancer un défi personnel
Alors, début mars 2025, j’ai compris que j’étais prête à me lancer dans ce projet ambitieux : écrire le livre de ma vie. Je voulais que mes souvenirs soient rassemblés dans une biographie, que je pourrai transmettre à mes enfants (et à mes futurs petits-enfants, si j’ai le bonheur d’en avoir un jour).
Je me suis donné 300 jours : du 10 mars 2025 au 4 janvier 2026. Ainsi, je pourrai faire imprimer mon livre en janvier 2026 et le recevoir avant mon 51ème anniversaire.
Transformer en livre son journal intime
Mais je ne vous ai pas tout dit. Derrière ce projet d’écriture se cache un autre besoin que je ressens depuis longtemps : me « débarrasser » de mes journaux intimes. En effet, je tiens un journal depuis l’âge de 14 ans. Tous mes carnets (une bonne vingtaine) sont regroupés avec quelques souvenirs dans une grande boîte en plastique noir. Cette boîte noire, j’aimerais la vider.
Pourquoi ? Parce que je ne suis pas fière de tout ce que j’ai écrit.
Si vous avez tenu un journal intime, vous le savez. Parfois, l’écriture sert d’exutoire, de thérapie : on se laisse porter par sa plume pour livrer des pensées très personnelles ou pour décharger ses émotions sur la feuille. Je ne veux pas que n’importe qui puisse lire ces pages après ma mort. Je préfère donc détruire mes journaux moi-même. Mais, avant cela, il faut que je les relise pour sélectionner les informations essentielles, les passages que je souhaite conserver.
Écrire mon autobiographie est donc une façon de valoriser mon journal intime, de le transformer en livre. Je vais ainsi pouvoir revenir sur mon passé et en livrer une version « épurée », propre, lisible par tous mes proches. Et puis, soyons honnête. Qui se lancerait dans la lecture d’une vingtaine de carnets manuscrits ? Même pour moi, ces pages sont parfois « imbuvables », je dois bien l’admettre. Et elles ne reflètent pas toutes les nuances de mon passé.

Écrire son autobiographie : comment s’organiser ?
Avant de commencer
La première chose à faire pour écrire son autobiographie est de poser ses intentions par écrit. J’ai donc décidé d’ouvrir un fichier texte qui me servirait de fil conducteur. J’y ai écrit mon objectif noir sur blanc :
Défi AB : je vais écrire mon autobiographie en 300 jours, du 10 mars 2025 au 4 janvier 2026.
Pendant ce défi, je vais brûler les carnets de mon journal intime, après en avoir extrait certains passages pour les intégrer dans le livre. Mon objectif est de faire imprimer mon livre en janvier 2026 afin de pouvoir le feuilleter le jour de mon 51ème anniversaire.
Ensuite, j’ai inséré un tableau pour suivre l’avancée de mon projet. Ce tableau contient quatre colonnes : jour/date (ex. Jour 1 – lundi 10/03) ; temps passé ; mots ; pages. J’avais besoin de cet outil pour suivre mon avancée et pour me motiver. Voir le nombre de mots et de pages grandir était très stimulant pour moi, surtout au début du projet. J’utilise un compteur de jours pour savoir où j’en suis.
Pour mon entreprise, Filiaplume, j’ai pour habitude de suivre mon temps de travail sur Toggl. J’ai donc décidé d’utiliser cet outil gratuit (il faut juste créer un compte) pour suivre également le temps passé sur mon défi, en choisissant une couleur spécifique et les simples lettres AB pour identifier les plages horaires que j’y consacrais.
NB. Je précise dès maintenant que toutes les heures passées sur le projet ne sont pas des heures d’écriture. Parfois, il faut accepter de ne pas écrire. Pour trier des souvenirs, lire son journal intime, prendre du recul et réfléchir à la suite, relire son manuscrit, faire des recherches sur Internet…
Les premières pages
Pour créer le manuscrit proprement dit, j’ai utilisé la maquette que je me suis créée pour les livres de mes clients. C’est un fichier texte déjà mis en page au format d’impression (15,5 x 22 cm). Ainsi, au fur et à mesure de l’écriture, le livre se construit directement sous mes yeux, chapitre par chapitre. Je trouve ça plus agréable et efficace que d’écrire d’interminables pages A4 qu’il faudra ensuite reformater.
Vous souhaitez créer votre propre maquette ? Retrouvez tous mes réglages préférés dans la partie Préparer son manuscrit de mon article consacré à l’impression des récits de vie.
Le premier jour, ce fut assez impressionnant de me retrouver face à la page blanche. Par où commencer ? J’ai décidé de me lancer en racontant le premier souvenir qui me venait en tête : mon entrée en CP.
Puis j’ai mis en place un rituel : chaque matin, j’ouvrais mon manuscrit et j’essayais d’écrire pendant 30 minutes. Très vite, je me suis aperçue que j’avais tendance à relire ce que j’avais écrit, par manque de confiance en moi, souci de perfection.
Alors j’ai décidé d’avancer autant que je le pouvais sans trop me relire, au moins pendant le premier mois. Et je me suis prise au jeu. Mon autobiographie a rapidement pris du volume.
À J17, j’ai écrit dans mon document de suivi que chaque séance me permettait d’ajouter à mon texte entre 450 et 800 mots, ce qui faisait entre 2 et 4 pages par jour. Il faut reconnaître que revenir sur mon enfance, parler de ma grand-mère, décrire les jeux auxquels je jouais avec mon frère, raconter mes souvenirs d’école… était assez exaltant.
Mais soyons clairs : l’écriture n’est pas une course. Et vous allez voir que, par la suite, j’ai été beaucoup moins efficace car je me suis retrouvée confrontée à des difficultés que je n’avais pas imaginées.
Le choix des destinataires
L’une des questions à laquelle il m’a fallu répondre très tôt dans mon projet d’écriture a été : pour qui est-ce que j’écris ce livre ?
Définir ses destinataires est important car vous ne vous adresserez pas de la même façon à votre futur lecteur s’il s’agit de vous-même (écriture thérapeutique), de vos enfants ou d’un lectorat plus large, composé de personnes inconnues (dans le cas où vous voudriez publier votre livre et le mettre en vente, en autoédition ou par le biais d’un éditeur traditionnel).
Pour ma part, j’ai pensé à mes futurs petits-enfants. Comme ils ne sont pas encore nés, je ne connais pas leurs personnalités, donc je me sens libre de m’exprimer sans retenue, sans aucun biais. De plus, j’ai gardé en tête pendant l’écriture une intention : leur raconter ce qu’ils pourraient avoir envie de connaître sur leur grand-mère (moi), sa vie et ses ascendants. J’ai donc veillé à expliquer le contexte familial dans lequel j’ai grandi.
Il s’agit aussi de décrire une époque qu’ils ne connaîtront pas : le vingtième siècle, la période pré-numérique. J’ai ainsi parlé d’objets qui ne sont (presque) plus utilisés mais qui représentaient une vraie avancée technologique quand ils sont apparus : le magnétoscope, le walkman à cassettes, les CD ou les jeux électroniques Nintendo (le mien, c’était le fameux Donkey Kong, avec son boîtier orange).
Un rythme irrégulier dans l’écriture de sa biographie
Pour terminer sur les questions d’organisation, je pense qu’il faut garder en tête une réalité : le rythme est irrégulier. Si j’ai bien réussi à écrire (presque) chaque jour pendant les trois premiers mois, j’ai ensuite ralenti mon activité. Ai-je commencé à m’essouffler ? Peut-être.
Un challenge d’écriture est un marathon. Il faut savoir tenir sur la durée. Et accepter aussi de ne pas avoir envie d’écrire certains jours, comme je l’ai déjà dit. Le flow créatif n’est pas toujours là. Dans ces périodes de creux, il est possible d’avancer quand même : trier des photos, ranger ses souvenirs, relire son journal intime ou des lettres reçues à l’époque, interroger ses proches… ou simplement prendre le temps de réfléchir à ses intentions.
La vie nous réserve des (mauvaises) surprises ou des drames, qui nous rendent moins disponibles. Parfois, les nuages s’amoncellent et nous bloquent complètement. L’important est de garder en tête son projet et d’y revenir dès que le ciel s’est éclairci.
Voici l’évolution du temps que j’ai consacré à mon projet (graphique de suivi sur Toggl) pendant ces dix mois. Comme vous le voyez, il y a eu des creux :

En juin, ma mère a été hospitalisée en urgence pour une opération du cœur, à laquelle elle n’a pas survécu. Ce décès et le deuil qui a suivi m’ont beaucoup perturbée au niveau émotionnel. Je ne pouvais plus écrire sur certaines phases de ma vie. Revenir sur des moments du passé où elle était présente était devenu impossible. Il m’a fallu composer avec mes émotions et tenter d’avancer sur d’autres pages, d’autres souvenirs.
En novembre, j’ai pu dégager une période d’une semaine entière pour me consacrer à mon projet. Mon manuscrit a gagné 20 000 mots, 110 pages, et j’ai brûlé trois carnets. Je crois que ce sprint final a été trop dense et trop intense pour moi. À partir du 21 novembre, je n’ai plus touché à mon texte. J’étais fatiguée. L’année 2025 avait été particulièrement difficile et je n’attendais plus qu’une chose : qu’elle se termine.
Ai-je réussi à écrire mon autobiographie en 300 jours ?
Les obstacles rencontrés dans l’écriture de ma biographie
Mon défi AB était prévu du 10 mars 2025 au 4 janvier 2026. Pendant cette période, j’ai rencontré plusieurs difficultés :
- des impératifs professionnels, qui étaient bien sûr prioritaires et me laissaient moins de temps pour ce projet d’écriture personnel ;
- un deuil et des moments d’aidance familiale, avec lesquels il a fallu composer ;
- des blocages émotionnels pour revenir sur certains épisodes de ma vie ;
- le besoin de déconnecter pendant les périodes de vacances.
Parfois j’ai trouvé des solutions, parfois non. Ainsi, en prévision d’une semaine de vacances en mai, j’ai décidé de faire imprimer une première version de mon autobiographie, qui couvrait mon enfance et mon adolescence. Pendant ma pause d’une semaine loin de la maison, j’ai emporté ce livre avec moi. Je l’ai lu et annoté, ce qui m’a permis d’avancer sur mon projet sans avoir à utiliser mon ordinateur.

Première version imprimée de mon livre de vie (jusqu’en 1992) = 160 pages + une couverture réalisée en quelques minutes sur Canva + un titre provisoire puisé dans une chanson + des couleurs à revoir (j’avais imaginé un livre de couleur orange/pêche, mais il est rose bonbon…). 🤭
Mes réussites lors de ce défi AB
À l’heure où j’écris ces lignes, nous sommes en janvier 2026, les 300 jours sont écoulés et je n’ai pas terminé l’écriture de mon manuscrit. Je ne pourrai donc pas feuilleter mon livre pour mon anniversaire, comme je me l’étais promis.
Je n’ai pas travaillé de façon linéaire : quand je ressentais un blocage face à certaines périodes de ma vie, je rédigeais des paragraphes sur d’autres années (en suivant mon journal intime). Alors aujourd’hui, mon texte ressemble à une sorte de puzzle géant, avec de grands trous qu’il me faudra combler plus tard.
Mais je suis quand même heureuse de m’être lancé ce défi et je suis fière de ce que j’ai accompli pendant cette première phase :
- J’ai fait la paix avec l’enfant et l’adolescente que j’étais. Même s’il reste encore quelques zones d’ombre, je pense que j’ai accepté mon passé, mon parcours, mes blessures…
- J’ai également compris que le cap de la cinquantaine était une étape importante, qu’il était temps pour moi de poser mon histoire pour m’en libérer et avancer avec sérénité dans la suite de ma vie.
- Je suis heureuse d’avoir rendu hommage à mes grands-mères lors de l’écriture de ce récit et je sais mieux, maintenant, ce qu’elles m’ont apporté, chacune à sa manière.
- J’ai commencé à me pencher sur mes racines et à découvrir la généalogie, une activité qui m’attirait depuis longtemps.
- J’ai supprimé plusieurs carnets de mon journal intime, en les brûlant dans la cheminée. Je sais que ce n’est pas écologique, mais ce rituel me fait, à chaque fois, le plus grand bien. C’est vraiment libérateur de voir ces mots partir en fumée, de me dire que plus personne ne pourra les lire, que toutes les souffrances qu’ils contenaient s’envolent définitivement.
- Je me sens prête maintenant à continuer l’écriture de mon autobiographie à mon rythme, sans pression, pendant l’année 2026.

Ce que m’a appris ce défi d’écriture
Pour finir, si je devais retenir trois leçons de cette expérience, voici ce que je dirais :
- Une bonne organisation est essentielle, avec, si possible, un travail régulier, intégré dans une routine quotidienne. Mais il faut aussi savoir s’en détacher, par moments, et faire des pauses, si nécessaire, pour s’adapter aux contraintes familiales, aux obstacles imprévus et aux variations émotionnelles. Lorsque vous vous sentez bloqué sur une période, interrogez-vous : « Qu’est-ce que cela vient réveiller en moi ? Y a-t-il une blessure que je dois oser regarder en face et prendre en considération ? » Parfois, il n’est pas simple d’être honnête avec soi-même.
- Parler de son défi autour de soi est une bonne façon de s’obliger à avancer. Pour ma part, je faisais régulièrement le point dans ma newsletter mensuelle, la FiliaLettre, ou sur mes comptes Instagram et LinkedIn. Mes abonnés suivaient ainsi mon aventure. Ces petits bilans m’aidaient à prendre du recul pour voir comment j’avançais dans l’écriture de mon autobiographie.
- Faire imprimer une version provisoire est une belle façon de relancer la motivation initiale. Cela ne coûte pas très cher (moins de 20 € frais de port inclus) et c’est un vrai plaisir de feuilleter son livre. Le projet se concrétise ! Dans mon cas, il ne s’agissait que du tome 1, mais c’était déjà une belle récompense.
Et ensuite ?
Comme vous avez pu le constater, si j’ai bien avancé dans mon ambitieux défi, je n’ai pas terminé l’écriture. Après une pause complète en décembre et janvier, je suis prête à me lancer un nouveau défi.
Deuxième phase… roulement de tambour… 🥁
Je me donne 200 jours pour poursuivre l’écriture de mon autobiographie, du 1er février au 20 août 2026.
J’ignore si je parviendrai à couvrir l’intégralité de ma vie, de ma naissance à mes 50 ans, mais j’espère bien y parvenir. Je souhaite également continuer la valorisation de mes journaux intimes et d’autres souvenirs (lettres, mails, documents) qui dorment encore dans ma boîte noire ou dans le disque dur de mon ordinateur.
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PS. Et les photos ?
Je n’en ai pas parlé dans cet article mais j’y ai réfléchi. Je pense que je ne mettrai pas de photos dans mon livre, car je préfère me concentrer sur le texte. J’envisage de créer ensuite un livre photographique, qui serait imprimé sur du papier de belle qualité et réunirait les meilleurs clichés de toute la famille, depuis mes grands-parents jusqu’à mes enfants. Un autre beau projet en perspective ! ✨






