À l’heure des réseaux sociaux, nous contemplons la vie des autres. À notre tour, nous postons en ligne des images, des textes, des vidéos pour donner à voir notre quotidien. Paradoxalement, nous pouvons éprouver un sentiment d’invisibilité, une sorte de solitude intérieure, qui nous amène à penser : « Ma vie n’intéresse personne ». À quoi bon partager ? Qui regarde vraiment ?
Il est temps d’arrêter de chercher la reconnaissance des autres pour explorer une autre voie : l’écriture de soi. Plutôt que d’exposer votre vie en attendant un retour, vous pouvez écrire pour vous-même. En effet, poser des mots sur le papier est un formidable outil de développement personnel. Nous allons aborder ici cette démarche introspective (et prospective) à travers deux facettes : le journal intime et l’autobiographie.
Pourquoi ai-je l’impression que ma vie n’intéresse personne ?
Le mythe de la vie extraordinaire
Contrairement aux siècles précédents, où l’intime demeurait dans la sphère privée, nous sommes entrés dans une nouvelle ère : une exposition universelle de nos vies. L’apparition des réseaux sociaux a ouvert un espace virtuel où nous pouvons trouver de nouvelles interactions sociales. Pour créer le buzz, obtenir des likes, augmenter leur notoriété numérique et gagner des abonnés, certains d’entre nous n’hésitent pas à mettre en scène leur quotidien. Partager des photos ou des vidéos mémorables, souvent créées avec des filtres et des effets spéciaux, est devenu une telle habitude que le terme « instagrammable » est entré dans le dictionnaire en 2024.
Instagrammable adj. Se dit d’un lieu, d’un mets, d’un événement, etc. qui, par sa beauté ou son originalité, est digne d’être photographié, puis posté et amplement partagé sur le réseau social Instagram: un dessert instagrammable. (Larousse)
Mais ce jeu d’influence a son revers : la comparaison sociale. À trop vouloir ressembler aux autres ou à trop chercher à faire mieux qu’eux, nous finissons par perdre nos propres repères.
D’un simple usage à l’addiction
Facebook, Instagram, Tik-Tok et autres ne sont pas à rejeter pour autant. Ils nous permettent de nous connecter avec des personnes ayant les mêmes centres d’intérêt, partout dans le monde. Ils nous offrent de fabuleuses opportunités pour apprendre et exercer notre esprit critique… à condition de réussir à s’y connecter de manière consciente et volontaire, sans en devenir dépendant. Car, dans les cas les plus graves, l’usage des réseaux sociaux peut mener à une véritable addiction.
Ainsi, selon une étude de l’OMS publiée en septembre 2024, l’utilisation problématique des médias sociaux est en forte augmentation chez les adolescents : 11 % d’entre eux vivent une situation d’addiction au numérique, qui les expose à des risques pour leur bien-être et leur santé mentale. Cet usage abusif des réseaux sociaux, associé à un manque de sommeil et à des heures de coucher tardive, peut conduire à la consommation de substances psychotropes.
La peur du jugement
Nous recherchons tous la sympathie des autres. Dès l’enfance, dans la cour de l’école, nous avons essayé de nous faire des amis, de susciter l’intérêt, de recueillir l’adhésion de nos camarades. Sur les réseaux sociaux, c’est la même chose. Nous voulons que nos publications soient vues, aimées, commentées. Mais parfois, rien ne se passe. Ou pire, nous prenons en pleine face un commentaire négatif.
Il nous semble alors que les autres font mieux que nous. Face à tous ces comptes qui défilent devant nos yeux, ces images au design impeccable, ces photos parfaites, nous pouvons nous sentir inintéressants. Et même avoir peur de nous exprimer : « Et si ce que j’écris est nul ? » Pour les personnes sensibles ou anxieuses, c’est toute la confiance en soi qui peut être fragilisée. Il est temps, alors, d’explorer une autre voie. Écrire, oui, mais pour soi.

L’écriture de soi comme refuge
Qu’est-ce que l’écriture de soi ?
L’écriture de soi consiste à mettre en mots votre vie. Vous allez écrire vous-même le récit de ce qui compte pour vous et/ou de votre parcours depuis votre naissance. L’écriture biographique peut prendre différentes formes. Les plus courantes sont le journal intime et l’autobiographie. Vous allez formuler par écrit vos pensées, ce qui vous aidera à comprendre ce que vous ressentez, à savoir qui vous êtes et à prioriser ce qui compte vraiment pour vous.
La différence entre l’écriture de soi et les réseaux sociaux est que le premier lecteur (et souvent le seul), ce sera vous. Vous allez donc pouvoir vous livrer sans filtre, puisque vous n’aurez plus à craindre le regard des autres. En contrepartie, vous n’aurez pas de retour extérieur sur vos textes, ce qui peut être difficile à accepter au début. Vous pourriez avoir envie d’abandonner : à quoi bon ? Mais ne vous découragez pas et vous ressentirez bientôt les bienfaits de l’écriture de soi.
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Pourquoi tenir un journal est bon pour la santé ?
Prenons l’exemple du journal intime. Il a été prouvé qu’écrire régulièrement dans un journal avait de multiples bienfaits :
- prendre du temps pour soi, comme une bulle de douceur, loin du fracas du monde extérieur
- se décharger de tout ce qui nous encombre, vider sa tête et son cœur
- libérer ses émotions, les nommer, les assimiler et en ressentir un soulagement (effet cathartique)
- structurer sa pensée, ordonner ses idées
- réussir à prendre des décisions en toute conscience, après avoir pesé le pour et le contre
- lâcher prise sur certains événements indésirables
- s’exprimer avec sincérité, sans crainte
- retrouver de la confiance et de l’estime de soi
- éprouver de la gratitude pour les jolies choses positives qui nous arrivent
- voir le monde de façon plus ouverte et apaisée.
Faut-il écrire son journal intime à la main ?
Si vous écrivez à la main sur du papier, vous ferez du bien à votre cerveau. Les neurosciences ont montré que l’écriture manuscrite améliore la mémoire et la concentration. Le geste d’écriture fait travailler vos sens, grâce à la pression sur le stylo, le mouvement de la main, le toucher des feuilles. Vous activez alors les zones cérébrales de l’apprentissage et de la mémorisation.
Le journal intime vous permet de poser chaque jour (ou presque, selon le rythme que vous choisissez) vos pensées sur une feuille. Il ne vise pas à obtenir un écrit structuré. Vous alignez les mots comme ils viennent, sans vous préoccuper du résultat. Il s’agit d’une routine bien-être, en quelque sorte.
Journal intime : comment débuter ?
Vous aimeriez tenir un journal mais vous ne savez pas par où commencer ? Une solution simple consiste à tenir un carnet de gratitude. Chaque soir, dans un beau cahier personnel, écrivez ce que vous avez retenu de positif dans votre journée. Qui aimeriez-vous remercier ? Quels moments ont illuminé votre quotidien ? Vous pouvez également ajouter une ou deux phrases sur ce que vous avez appris.
Qu’est-ce qu’une autobiographie ?
L’écriture d’une autobiographie est différente. Il s’agit toujours d’écriture de soi, mais ici, l’objectif va être de créer un récit de vie que vous pourrez faire imprimer : votre autobiographie, qui sera le livre de votre vie. Une autobiographie peut se lire comme un roman, mais elle a une particularité : l’auteur, le narrateur et le personnage sont une seule et même personne. C’est-à-dire que vous allez être à la fois l’auteur (celui qui rédige), le narrateur (celui qui raconte) et le personnage (celui qui vit l’histoire) de votre livre. Il est donc courant (et logique) de rédiger votre manuscrit la première personne : « Je ».
Après avoir tenu un journal intime pendant plus de trente ans, je me suis lancé un défi : écrire mon autobiographie en 300 jours. Ai-je réussi ? Découvrez le bilan et les leçons de cette incroyable expérience dans cet article.
Quelles sont les différences entre journal intime et biographie ?
Vous l’avez compris : un journal intime est un écrit du quotidien, qui permet de poser vos pensées sur le papier. Il est rédigé de façon chronologique et donne votre vision de la situation au jour le jour.
Dans une autobiographique, vous allez revenir sur le passé, en vous retournant pour regarder en arrière. Du temps s’est écoulé et vous avez traversé d’autres épreuves. Vous avez pris du recul. Vous allez raconter ce que vous avez vécu, mais ce sera avec votre regard actuel sur les faits, les situations rencontrées, les personnes qui vous entouraient alors. Comme un scénariste, quand vous écrivez le chapitre 1, vous savez ce qui va arriver ensuite au personnage. Vous allez donc pouvoir focaliser votre récit sur les faits importants, créer du suspense si vous le souhaitez et construire un vrai livre, avec des chapitres, des sous-chapitres, un sommaire…
L’autre grande différence entre un journal et une autobiographie est le destinataire. Si votre carnet intime n’est destiné qu’à vous-même, un livre biographique est un précieux objet de transmission familiale. Dans ces pages, vous allez raconter votre vie, mais peut-être aussi celle de vos parents et de vos grands-parents, ce qui en fera un témoignage merveilleux pour vos enfants et petits-enfants, ainsi que tous les membres de votre famille (frères, sœurs, neveux, nièces, cousins…). En partageant des anecdotes sur votre enfance, vous emmènerez vos lecteurs dans une époque révolue.

Mon expérience de biographe
Enfin, je le constate souvent en tant qu’écrivain biographe, écrire une autobiographie est aussi une façon de rendre hommage. Les narrateurs que j’accompagne dans l’écriture me parlent beaucoup de personnes qui ont compté dans leur existence : une mère, un mari, un grand-père… À la lecture du livre, les membres de la famille partent à la rencontre de cette personne disparue. Ils découvrent son caractère, ses habitudes, les bons moments partagés en famille… C’est très émouvant.
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« Ma vie n’intéresse personne » : c’est faux !
Comme nous venons de le voir, la phrase « Ma vie n’intéresse personne. » est une pensée limitante. Elle vous conduit à vous saborder vous-même, en vous laissant noyer sous la comparaison toxique. Grâce à l’écriture de soi, vous allez redonner sens à ce que vous vivez ou avez vécu. Vous tracerez votre propre chemin, en évitant d’imiter les autres. Je le constate en tant que biographe : chaque vie est unique et mérite d’être racontée.
Deux formats d’écriture sont à privilégier :
- Vous pouvez choisir de tenir un journal intime, de préférence écrit à la main dans un carnet personnel, que vous seul lirez. Vous y déposerez vos pensées, vos émotions, vos désirs. Ce compagnon de papier vous aidera à formuler et à réaliser vos projets. En relisant ces pages, vous verrez comment vous avez évolué. Vous ressentirez alors un intense plaisir et beaucoup de gratitude pour cette personne qui vous guide avec tant de bienveillance : vous-même.
- Vous souhaitez partager cette histoire à vos enfants et à vos descendants ? Il est temps de vous lancer dans un projet de transmission : écrire votre autobiographie. Ce livre de vie, vous pouvez le créer seul ou vous faire accompagner par Filiaplume. Vous allez ainsi donner sens à toutes les expériences que vous avez vécues. Vous pourrez y formuler votre message et vos conseils pour les membres de la famille (nés ou à naître). Et, peut-être, rendre hommage à toutes les belles personnes qui vous ont aidé.e à devenir celui ou celle que vous êtes aujourd’hui.
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• Conseils et plans pour écrire un témoignage post burn-out
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