L’écrivain et biographe Stefan Zweig a écrit un chef d’œuvre de la biographie classique. Simplement intitulé Marie-Antoinette, ce livre dresse le portrait passionnant d’une femme au destin exceptionnel. Fille de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, mariée à l’âge de quatorze ans au futur Louis XVI, Marie-Antoinette rejoint le château de Versailles, où elle subit le protocole et les intrigues de la cour. Elle a dix-huit ans à la mort du roi Louis XV. Devenue reine de France et de Navarre, elle s’offre une liberté nouvelle, affirme son caractère et s’amuse jusqu’à la Révolution Française. Son insouciance se termine alors : les évènements politiques la conduisent en prison, au procès et à la guillotine.

Dans ce récit de vie authentique et rigoureux, aussi agréable à lire qu’un roman historique, Stefan Zweig nous emmène à la rencontre d’une souveraine forte et sensible, adulée et méprisée, qui ne laisse personne indifférent.

Un destin de femme : Marie-Antoinette d’Autriche

Elle fut la dernière reine de France et de Navarre, un titre qui disparut pendant son règne, en 1791, pour laisser la place à celui de reine des Français. Descendante de la maison de Habsbourg-Lorraine, elle connut une vie d’insouciance et de fêtes, avant de voir son destin basculer dans la terreur de la Révolution française.

Mariée à quatorze ans

En 1770, après quatre ans de négociation, la France et l’Autriche décident d’une alliance pour consolider la paix. Louis XV choisit la future épouse de son petit-fils, le dauphin Louis Auguste : ce sera l’archiduchesse Marie-Antoinette, dernière fille de Marie-Thérèse d’Autriche. La jeune fille n’a que quatorze ans. Vive et gaie, elle aime s’amuser dans les jardins du château de Schönbrunn, chanter et jouer, aussi loin que possible des livres et des études.

Un jour, Marie-Thérèse […] s’aperçoit avec effroi que la future reine de France, à l’âge de treize ans, ne sait écrire correctement ni le français ni l’allemand, qu’elle ne possède même pas les connaissances les plus superficielles en histoire et que son instruction générale laisse entièrement à désirer ; pour la musique il n’en va pas beaucoup mieux, bien qu’elle ait comme professeur de piano Gluck lui-même. Au dernier moment, il faut rattraper le temps perdu, faire de l’espiègle et paresseuse Toinette une personne instruite. Ce qui importe pour une future reine de France c’est de savoir danser convenablement et parler le français avec un bon accent.

Marie-Antoinette, Stefan Zweig, Le Livre de Poche, page 13

Avant son départ pour la France, sa mère, qui pressent un futur malheur, lui remet une « règle de conduite » qu’elle lui recommande de relire « tous les 21 ». Elle écrit également au roi, le suppliant de faire preuve d’indulgence pour la légèreté enfantine de sa fille.

Marie-Antoinette en 1770, portrait réalisé pour son futur époux, Louis XVI
Marie-Antoinette en 1770 : portrait envoyé au dauphin pour qu’il découvre sa future épouse

L’archiduchesse est remise à la délégation française sur une île au milieu du Rhin, dans un pavillon en bois construit pour l’occasion. Puis le cortège traverse le royaume jusqu’à Compiègne, où la dauphine rencontre Louis XV et son petit-fils, le futur Louis XVI. Le mariage, déjà prononcé par procuration, est célébré le 16 mai 1770 dans la chapelle de Versailles. Lors de la signature de l’acte, une seule plume tache le parchemin d’une disgracieuse goutte d’encre : celle de Marie-Antoinette. Certains y voient alors un « mauvais signe ».

Marie-Antoinette, Dauphine puis Reine de France

Les débuts à Versailles

Les premiers mois, Marie-Antoinette subit le protocole et l’emploi du temps strict de la cour, chaperonnée par la comtesse de Noailles, qu’elle surnomme « Madame Étiquette ». Toutes les journées se ressemblent et se suivent dans une monotonie étouffante. La jeune dauphine veut s’amuser, suivre les désirs de son cœur impatient, retrouver la liberté de son enfance au château de Schönbrunn. Elle s’ennuie et souffre de solitude, n’ayant aucune amie à qui confier ses peines. Son seul allié est le comte Mercy, diplomate choisi par l’impératrice pour conseiller sa fille face aux embûches de la vie à la cour.

Et les intrigues sont bien présentes, cristallisées sur la rivalité entre Mesdames, les trois sœurs du vieux roi, et sa maîtresse, la comtesse Du Barry. Manipulée par ses tantes, la jeune dauphine refuse pendant des mois d’adresser la parole à cette courtisane au passé trouble. L’affaire prend des proportions inquiétantes. L’orgueilleuse Marie-Antoinette finit par céder sous la pression du roi et les conseils de sa mère. Le premier janvier 1772, elle prononce enfin neuf mots en direction de la favorite : « Il y a bien du monde aujourd’hui à Versailles ». Jamais plus elle ne lui parlera.

La reine du rococo

Moins de quatre ans après le mariage, le décès du roi propulse le jeune couple sur le trône. Marie-Antoinette n’a que dix-huit ans. D’une grande vivacité, la jeune reine peut enfin laisser libre cours à ses plaisirs : fêtes somptueuses, théâtre, danse, soirées à Paris, création de robes luxueuses, coiffures extravagantes, achat de diamants et de bijoux d’une valeur inestimable… Pour trouver de l’argent, la souveraine organise dans ses appartements des tables de jeu clandestines. Le roi a interdit tout jeu de hasard. Qu’importe ! Les favoris qui entourent Marie-Antoinette parviennent à leurs fins.

Louis XVI, docile et empoté, tolère avec indulgence tous les excès de son épouse. Il lui offre même un espace bien à elle, le petit château d’été de Trianon, qu’elle aménage à sa guise. Pendant dix ans, elle y dépensera des sommes folles, pour y créer un monde miniature : ruisseau, jardins, fermes, moutons… Elle s’éloigne ainsi de la cour. Les favoris, qui se sentent abandonnés, critiquent avec amertume cette reine frivole et capricieuse.

Mère de quatre enfants

Mariée au roi de France, Marie-Antoinette a un devoir à remplir : donner naissance à un fils. Cependant, sa patience va être mise à rude épreuve. En effet, son époux souffre d’un défaut organique qui le rend impuissant. Après des mois d’indécision, le jeune Louis XVI finit par accepter la petite intervention chirurgicale préconisée par les médecins. Sept ans après la nuit de noces, le mariage peut enfin être consommé.

En décembre 1778, Marie-Antoinette donne naissance à un premier bébé. Hélas ! c’est une fille. Ce n’est qu’en octobre 1781, après une fausse couche, que la reine parvient au terme d’une deuxième grossesse et offre à la couronne un héritier mâle.

L’allégresse générale éclate, les deux battants de la porte sont solennellement ouverts, et le duc de Normandie, lavé et emmailloté, est apporté à l’heureuse mère. Enfin, le grand cérémonial inhérent à la naissance d’un dauphin peut se dérouler selon toutes les règles. L’héritier est baptisé par le cardinal de Rohan, l’adversaire fatal de Marie-Antoinette, qu’elle rencontre toujours sur son chemin aux heures décisives. On trouve une superbe nourrice, la fameuse Mme Poitrine. Les canons tonnent, Paris apprend l’événement. Et la série des fêtes recommence, plus importantes, plus grandioses encore qu’à la naissance de la princesse.

Marie-Antoinette, Stefan Zweig, Le Livre de Poche, page 157

La maternité transforme Marie-Antoinette : à chaque grossesse, elle laisse de côté, pendant quelques mois, ses amusements insensés et les plaisirs superficiels du jeu. Elle met au monde quatre enfants, qui lui apportent la tendresse dont elle a tant manqué. Malheureusement, deux d’entre eux meurent en bas âge.

En 1787, elle pose pour Élisabeth Vigée-Lebrun, peintre officielle de la cour.

Marie-Antoinette avec 3 de ses enfants en 1787, peinture de Vigée-Lebrun

Haïe par les révolutionnaires entre 1789 et 1793

Le réveil du peuple

Marie-Antoinette, adulée lors de son arrivée dans le royaume, ne s’intéresse guère au peuple français. Retirée dans son Trianon, elle contemple avec désinvolture le monde qui évolue autour d’elle. Insensible aux changements politiques apportés par le siècle des Lumières, elle reste fermée à la diplomatie. Pire, elle intervient parfois sans tact dans les affaires de l’État, sous l’influence de ses favoris. Ainsi, la famille de Polignac la manipule et abuse de son pouvoir sur le roi pour obtenir des titres, des revenus et des faveurs.

La reine dépense sans compter et devient de plus en plus impopulaire. Les révolutionnaires la voient comme une femme prodigue et futile, la critiquent dans leurs pamphlets et l’affublent de surnoms : l’Autrichienne ou Madame Déficit.

L’affaire du Collier, sombre intrigue dans laquelle Marie-Antoinette ne tient aucun rôle, est l’une des plus audacieuse escroquerie de l’histoire. Pour rendre publique son innocence, la reine en appelle au Parlement. Grave erreur ! On la croit coupable, et le mécontentement grandit.

Marie-Antoinette, une reine impopulaire

La famille royale traverse la tempête révolutionnaire. Le 5 mai 1789, c’est l’ouverture des États généraux à Versailles. Accueillie par un silence glacial, la reine reste assise pendant des heures sur un banc, devant les représentants du peuple, comme une accusée.

La Révolution est l’ennemie — c’est là le point de vue de la reine. La reine est l’obstacle — c’est la conviction profonde de la Révolution. Avec son instinct infaillible la masse du peuple sent dans la reine le seul et véritable adversaire. Aussi dès le début la fureur du combat est-elle dirigée contre sa personne. Louis XVI ne compte pas, ni en bien ni en mal ; le dernier paysan le sait et l’enfant de la rue ne l’ignore pas. Quelques coups de fusils suffiraient à intimider cet homme pusillanime au point de lui faire dire oui à tout ; qu’on lui mette le bonnet rouge, il le portera, et qu’on lui ordonne énergiquement de crier « À bas le roi ! À bas le tyran ! », il obéira comme un pantin. Une seule volonté en France défend le trône et ses prérogatives, et ce « seul homme qu’a le roi », selon le mot de Mirabeau, « c’est sa femme ».

Marie-Antoinette, Stefan Zweig, Le Livre de Poche, page 241

La dernière nuit à Versailles

Le 5 octobre 1789, une émeute éclate à Paris. Une troupe de femmes, et d’hommes déguisés en femmes, s’élance pour rejoindre Versailles. Après six heures de marche, les insurgés arrivent au château et réclament du pain à l’Assemblée nationale.

Le lendemain, le roi, la reine, leur fille de onze ans et le dauphin de quatre ans sont emmenés à Paris et logés dans l’ancienne résidence des rois de France, inoccupée depuis plus de cent ans : les Tuileries. Dans ces vieux appartements remis en état et aménagés à la hâte, Marie-Antoinette se sent emprisonnée. Elle ne reverra plus jamais Versailles et son Trianon.

Marie-Antoinette peinture de Vigée-Lebrun
Après 1789, le temps de la splendeur à Versailles est révolu (tableau d’Élisabeth Vigée-Lebrun)

La famille royale emprisonnée

Au fil des mois, un projet de fuite est élaboré, avec la complicité du comte Axel de Fersen, favori et ami intime de Marie-Antoinette. Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, un fiacre emporte la famille royale loin de la capitale. Mais les fuyards sont démasqués à Varennes et ramenés à Paris sous les huées de la foule. Cette trahison marque un tournant dans la Révolution : l’idée républicaine s’en trouve renforcée. En septembre, Louis XVI jure fidélité à la nouvelle constitution. Il perd son titre de Roi de France et de Navarre pour devenir le roi des Français.

Le 10 août 1792, un assaut est lancé contre le palais des Tuileries. Devant la fureur des assaillants, la famille royale trouve refuge à l’Assemblée nationale. Suite à cet épisode sanglant, qui fait plus d’un millier de morts, le roi, la reine, leurs enfants, Madame Élisabeth et Madame de Tourzel sont enfermés à la prison du Temple, où ils sont désormais étroitement surveillés.

Le 21 septembre, lors de sa première séance, la toute jeune Convention nationale décrète que « la royauté est abolie en France ». Quatre mois plus tard, le roi est guillotiné. Marie-Antoinette, autrefois archiduchesse d’Autriche, puis dauphine et enfin reine de France, ne sera plus appelée que par le nom de « veuve Capet ».

Les derniers jours de Marie-Antoinette

Marie-Antoinette est maintenant seule avec ses enfants et sa belle-sœur, Madame Élisabeth. Les puissances étrangères, sa propre famille, et les nobles français exilés, ne semblent pas vouloir lui venir en aide. Mais elle ne se résigne pas.

Grâce à sa grandeur, sa force magnétique et le pouvoir de séduction qu’elle possède sur quiconque l’approche, elle trouve des complices parmi ses gardiens. Elle parvient ainsi à faire circuler des messages, des billets minuscules, pour élaborer un audacieux projet de fuite. Le complot n’aboutit pas : face aux dangers extérieurs, ses alliés prennent peur et l’abandonnent au dernier moment.

La douleur d’une mère

Ses enfants sont sa seule consolation. Mais bientôt, ses ennemis la frappe au cœur en lui arrachant le dauphin, qui sera isolé dans une autre tour. Marie-Antoinette comprend que son destin est scellé. Aussi n’est-elle pas étonnée quand des commissaires frappent un jour brutalement à la porte : il lui donnent lecture du décret de la Convention qui exige le transfert à la Conciergerie de la veuve Capet, mise en accusation. Elle quitte sa fille et Madame Élisabeth pour rejoindre sa dernière demeure, une cellule sombre, froide et humide, où elle attendra son procès dans le plus complet dénuement, sans aucune nouvelle de ses enfants.

Soixante-dix jours plus tard, elle affronte une ultime épreuve : le tribunal révolutionnaire. Pendant les audiences, ses deux avocats n’osent faire face à la vindicte populaire pour la défendre, malgré le manque de preuves écrites et les témoignages douteux.

Il faudra trois jours et deux nuits de procédure avant que le verdict ne tombe : la peine de mort est votée à l’unanimité. La veuve Capet représente un symbole qu’il faut guillotiner sans délai.

Marie-Antoinette le jour de son exécution, tableau de Hamilton
Marie-Antoinette emmenée à son exécution, tableau de William Hamilton, 1794

Le 16 octobre 1793, calme et résignée, Marie-Antoinette traverse Paris sur une charrette, dans une robe de mousseline blanche. La place de la Révolution — aujourd’hui place de la Concorde — est noire de monde. Quand le couperet tombe, à midi et quart, la foule hurle : « Vive la république ! » avant de se disperser.

La dernière lettre de Marie-Antoinette

Le matin-même, la condamnée a écrit une dernière lettre, destinée à sa belle-sœur, qui ne lui parviendra jamais. Conservé par un député, ce document autographe réapparaît vingt-et-un ans plus tard, quand Louis XVIII monte sur le trône de France.

Le travail du biographe : Stefan Zweig

Oubliée après la Révolution française, Marie-Antoinette a suscité ensuite de nombreuses passions. Adulée par les uns, détestée par les autres, la dernière reine de France et de Navarre, première « reine des Français » est devenue un mythe.

Pour rédiger sa biographie, l’écrivain autrichien Stefan Zweig s’est appuyé sur les archives de l’Empire à Vienne, comprenant les missives du comte Mercy, qui surveillait tous les faits et gestes de Marie-Antoinette pour les rapporter à l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche.

Le biographe fut le premier à pouvoir consulter intégralement la correspondance du comte Axel de Fersen, avec lequel la reine entretint une longue correspondance. Était-il son amant ? Les historiens ou les descendants ont souvent raturé les lettres de Marie-Antoinette en raison de leur caractère intime. Au XIXème siècle, l’impuissance du roi ne devait pas être révélée. Stefan Zweig, lui, lève le voile sur ce secret dès le deuxième chapitre de son livre : cette vérité historique explique les relations du couple et l’attitude de la dauphine pendant ses premières années à Versailles.

Par ailleurs, de prétendues lettres de Marie-Antoinette furent vendues entre 1840 et 1860 par un habile faussaire, le baron Feuillet de Conches, collectionneur passionné de documents autographes.

Concernant les témoignages oraux, une foule de Mémoires relatant les années révolutionnaires ont éclos après 1815.

Tous ceux qui ont vécu une heure d’Histoire, soit aux Tuileries, soit dans les prisons, soit au tribunal révolutionnaire, deviennent auteurs : la couturière de Marie-Antoinette, sa dame d’atours, sa première, sa deuxième, sa troisième femme de chambre, son coiffeur, son geôlier, la première, la deuxième gouvernante de ses enfants, ses amis. Pour finir, même le bourreau, M. Samson, écrira lui aussi ses Mémoires, ou, tout au moins, prêtera son nom contre finance pour un livre qu’un autre confectionnera.
Il va sans dire que ces rapports inventés se contredisent les uns les autres dans tous les détails.

Marie-Antoinette, Stefan Zweig, Le Livre de Poche, page 500

Pour écrire cette biographie classique de grande qualité, Stefan Zweig s’est donc attelé à un minutieux travail de recherche. Il a veillé, dans ses lignes, à dresser un portrait sincère et nuancé de cette femme, dont le destin incomparable oscilla entre grandeur d’âme et excès de malheur. Le livre, publié en 1932, a été traduit en français l’année suivante.

Mon avis

Je ne connaissais de Marie-Antoinette que ce que m’avaient appris mes cours sur la Révolution française. Femme insouciante, dépensière, passionnée par la mode et les plaisirs futiles, elle m’est apparue ici sous un autre jour. La plume de Stefan Zweig m’a emportée dans ce récit de vie passionnant, émaillé de nombreuses anecdotes, où aucun détail n’est oublié. La narration n’a rien à envier aux meilleurs romans historiques.

J’ai aimé suivre l’évolution du personnage face aux épreuves et aux progrès de son siècle. La jeune reine frivole, gaie et étourdie devient une mère attentive et une femme courageuse. Elle ne baisse pas la tête devant les idées révolutionnaires et affronte avec fierté ses détracteurs. Prise au piège dans des intrigues, manipulée par ses favoris, elle s’enfonce malgré elle dans l’impopularité, sans jamais perdre son caractère franc et determiné.

Cette biographie, qui se lit aisément, ravira tous les passionnés d’Histoire.

Vous voulez raconter votre histoire dans un livre ?
Biographe professionnelle, je vous accompagne de A à Z.
Ne laissez plus vos souvenirs s’envoler !
Découvrir Filiaplume

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *